JOUR 2 : LES TEEN SHOWRUNNERS par GEEK ME FIVE

La série documentaire Showrunners propose de découvrir les têtes pensantes au cœur du processus créatif des séries. Alors que Séries Mania diffuse la saison 2 consacrée à des grands noms comme David Chase (Les Soprano), David Benioff et D.B. Weiss (Game of Thrones) ou Lena Dunham (Girls), Geek Me Five a voulu, en complément, donner un coup de projecteur sur des showrunners et scénaristes peut-être moins connus mais non moins talentueux. Une petite sélection tout sauf exhaustive, personnelle, coup de cœur, teen !

Greg Berlanti (Everwood)

Dans son livre Billion-Dollar Kiss: The Kiss that Saved Dawson’s Creek and Other Adventures in TV Writing, Jeffrey Stepakoff revient sur son travail de scénariste et ses années sur la série Dawson. Il raconte ainsi un episode-clé de sa carrière, une réunion préparatoire pour la saison 3 de Dawson. Après une deuxième saison chaotique et le départ du créateur Kevin Williamson, le staff est coincé, au bord du gouffre. C’est alors qu’un jeune auteur d’à peine 20 ans lâche : « et si Joey embrassait Pacey ? ». Son nom : Greg Berlanti. Une idée, un baiser, et il relance la série, créé l’un des triangles amoureux les plus emblématiques et s’assure un avenir à la télévision américaine.

En 2002, à 30 ans, il créé Everwood, son chef d’œuvre et peut-être l’une des séries les plus sous-estimées de la dernière décennie. Un pilote parfait et heartbreaking ; des personnages, des dialogues et des discours parmi les mieux écrits ; un portrait de famille et de ville d’une empathie et d’une justesse… Everwood a souvent été cité comme « la pire série familiale » par le très réactionnaire et très borné Parents Television Council, à cause de ses thèmes abordés. Un gage de qualité donc. Depuis, Greg Berlanti est devenu un producteur incontournable et a accolé son nom à tout et n’importe quoi, au pire et au meilleur : Brothers & Sisters, Eli Stone, No Ordinary Family, Political Animals, Arrow.

On conseillera aussi de plutôt voir sa première réalisation, un film hommage au cinéma de John Hughes The Broken Hearts Club, que sa seconde, la comédie romantique et impersonnelle Bébé, mode d’emploi.

Jason Katims (Friday Night Lights)

Si Friday Night Lights a été créée par le réalisateur Peter Berg, qui plus est d’après son film éponyme, son nom a laissé place au fur et à mesure des saisons à un autre, celui de Jason Katims. Tout le monde, Peter Berg le premier, s’accorde pour dire qu’il a joué un rôle primordial dans la réussite de la série. Jusqu’à décrocher un Emmy Award. Il a donné à la télévision américaine une sensibilité toute particulière, un teen drama d’un nouveau genre, la figure mythique de Coach Taylor et puis « Clear Eyes, Full Heart, Can’t Lose ! ». Pour l’anecdote, Peter Berg explique avoir choisi Jason Katims comme showrunner car il n’y connaissait rien au football américain.

Il faut dire que Jason Katims a été formé à bonne école, celle du duo Edward Zwick et Marshall Herskovitz avec les séries Angela, 15 ans et Relativity, qu’il a créée. Puis Roswell. Son chef d’oeuve, allais-je dire (encore). Diffusé dans l’ombre de Buffy sur la WB, Roswell vaut, à l’instar de l’oeuvre culte de Joss Whedon, plus que sa simple appellation de série fantastique pour adolescents. Jason Katims y travaille les relations sentimentales et familiales avec une même profondeur, voire une noirceur inattendue à partir de la saison 2.

Il enchaînera ensuite les séries mort-nées (Fertille Ground, Pepper Dennis,The Wedding Bells), avant le touchdown avec Friday Night Lights. Il est actuellement en charge, avec toujours le même talent, de la série Parenthood, librement adaptée du film Portrait craché d’une famille modèle de Ron Howard. Jason Katims a d’ailleurs lui-même écrit un long-métrage, un seul, The Pallbearer réalisé par Matt Reeves (Felicity, Cloverfield) avec David Schwimmer et Gwyneth Paltrow… et présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes 1996 !

Josh Schwartz (The O.C.)

La carrière de Josh Schwartz tient autant de l’american dream que de la légende urbaine. Alors qu’il n’avait que 20 ans et qu’il était encore à l’université, il vend son premier scénario à une major pour un million de dollars. Dans la foulée, il développe deux pilotes de séries (Brookfield, Wall to Wall Records) qui ne verront jamais le jour mais qui l’obligent à abandonner l’école. C’est ainsi qu’à 26 ans, il devient le plus jeune créateur et showrunner d’une série de network avec The O.C. (Newport Beach en France) sur la Fox. Les 27 épisodes de la première saison forment le teen show ultime et méta.

Cette caractéristique (références, pop culture, conscience de soi-même) se retrouvera sur ses prochaines créations (Gossip Girl, Chuck) mais aussi productions (Hart of Dixie, The Carrie Diaries, Cult). D’ailleurs, Josh Schwartz occupe aujourd’hui moins le poste de showrunner que celui d’executive producer. Il développe actuellement la version US de Misfits.

Pour le cinéma, il a été appelé en renfort pour travailler les films Superman : Flyby (écrit par J.J. Abrams, réalisé par McG), qui sera annulé, et Xmen : First Class, mais son scénario ne sera pas retenu.

Sans oublier :

Rob Thomas (Veronica Mars), Kevin Williamson (Dawson, The Vampire Diaries), Amy Sherman-Palladino (Gilmore Girls), Winnie Holzman (Angela, 15 ans), Jeff Judah et Gabe Sachs (Life as we know it, 90210), etc.

Vincent Julé

www.radiocampusparis.org/geekmefive

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