jour 6 : LES SECRETS DE FABRICATION DES REVENANTS PAR LL

Aujourd’hui, c’est THE table ronde, dédiée à une série française. Et pas n’importe laquelle : le succès de 2012, Les Revenants diffusé sur Canal + en fin d’année et qui a obtenu un succès public et presse malgré une fin controversée.

Les secrets de fabrication des Revenants, avec en intervenants :

  • Olivier Joyard (journaliste aux Inrockuptibles et modérateur).
  • Fabien Ada (co-auteur)
  • Caroline Benjo et Jimmy Desmasrais (prod Haut et Court)
  • Fabrice Gobert (créateur)
  • Véra Peltekian (fiction Canal+)
  • Frédéric Pierrot (comédien)
  • Sébastien Rame (responsable des effets spéciaux)

C’est la directrice du Forum des images, Laurence Herszberg, qui ouvre le bal. Elle refait un petit état des lieux du succès des Revenants, acheté en Grande-Bretagne dernièrement qui la diffusera sur la chaîne Channel 4. Elle profitera aussi de la présence de Véra Peltekian de Canal + pour lancer une petite pique au nom de tous les specateurs : 2 ans entre deux saisons, c’est trop long pour les sériephiles. Une tendance de la chaîne qui sera expliquée en fin de séance, comme beaucoup d’autres éléments controversés.

Vous êtes assis ? C’est parti et attention SPOILERS évidemment !

Olivier Joyard constate la salle comble avec plaisir et rappelle qu’un tel succès à la télévision, aussi marquant du moins, est plutôt rare. Premier fait inconnu : la série à la réussite imprévisible a bien failli mourir et a mis 6 ans à se développer

LE DÉVELOPPEMENT DE LA SÉRIE

Caroline Benjo pour Haut et Court :

« La société avait produit le long-métrage dont découle la série. Le film a eu un succès d’estime sans forcément bien marcher mais Jimmy cherchait un projet pour la télévision et est tombé dessus. Ce fut un long chemin de souffrance pour arriver à trouver l’auteur en collaboration avec C+ dès le début. Problème, Haut et court et C+ savaient bien ce qu’ils ne voulaient pas faire mais, en revanche, n’avaient aucune idée de ce qu’ils voulaient faire. C’est là que Fabrice Gobert est arrivé, avec une vision originale et fraîche. »

Véra Peltekian pour Canal +:

« On a eu le mérite d’avoir tenu bon, d’avoir patienté et de s’être accroché. A un moment, on a même pensé à débaucher un auteur anglais ! L’écriture recherchée était particulière car il fallait tout inventer donc contrairement à Engrenages, on recherchait plus tôt un créateur que deux. »

Fabrice Gobert, le créateur de la série :

« 2010, Cannes, présentation de mon film Simon Werner a disparu. Une semaine après, je reçois un coup de fil de Haut et Court. Je ne pensais pas qu’on me proposerait d’écrire dessus. J’avais l’idée de départ et traiter le retour de mort avec réalisme était un très bon point de départ. Très rapidement, j’ai proposé d’écrire un pilote et je me suis nourri du souvenir du film (que je n’avais pas revu) et des pistes explorées. Le premier truc qui m’est venu, c’est la galerie de personnages, la ville et l’atmosphère. L’idée des jumelles qui n’ont pas le même âge était déjà là, c’était formidable. Ce fut un bel échange entre Haut et Court et Canal qui ont accompagné le projet tout du long. »

Véra Peltekian pour Canal +:

« L’arrivée de Fabrice a généré la certitude d’y arriver. Écrire, c’est fermer des portes. On avait besoin d’une réduction fondamentale dans le processus d’écriture pour arriver au coeur du projet avec les retrouvailles entre la mère et les jumelles. La mutation de l’adolescence est apparue comme un thème évident. Une fois que 3-4 premiers épisodes dialogués ont été sortis, on a su que c’était bon. »

Jimmy Desmarais pour Haut et Court :

« Depuis le début, on voulait de l’intrigue et du réalisme donc dans les différentes versions, on a effectué des réductions pour tout ramener au plus près des personnages. Fabrice a amené le barrage et la ville pour clore la ville. Ce sont des strates qui nous ont progressivement mené à garder le meilleur – au départ, on voulait faire tomber les religions, les villes, le capitalisme… »

Extraits de Camille et ses retrouvailles avec Claire et son père.

Fabrice Gobert, le créateur de la série :

« C’est une scène très travaillée car capitale. Elle lance la série et l’idée que les gens morts peuvent revenir. C’était pas évident à traiter et à cause de ça, on a souvent tendance à ellipser ce genre de scène car c’est plus commode (comme aux US). Comment la rendre bouleversante et ne pas l’ellipser ? Comment on réagirait ? Quelles décisions on prendrait dans les minutes suivantes ?

Le premier épisode est quasi en temps réel pour ne rien couper justement. Du coup, on a des plans très longs, avec Claire ici, pour ne jamais la lâcher. On a aussi décidé de rendre amnésique les morts contrairement à The Walking Dead. Donc, comment annoncer à quelqu’un qu’il est mort ? C’est une scène très paradoxale car Camille trouve ses parents bizarres et Claire n’ose pas lui dire qu’elle est décédée depuis quelques années. C’est intéressant aussi de se dire que les zombies, ce sont les gens en deuil (notamment dans cette vision de ville sans vie). »

Frédéric Pierrot, interprète de Jérôme, le père :

« On arrive avec un vide immense. Même si on a lu le scénario, il y a la question : Mais comment on fait ? On a pas de points de repère puisque c’est une situation invivable. L’équipe et C+ ont accepté que l’on prenne le temps de se poser les questions, en tant qu’interprètes. Les journées étaient plus longues que prévu mais tout le monde était super serein. Les conditions de travail sur la série qui représente 5 ou 6 mois de tournages étaient équivalentes à un long-métrage. La 1ère semaine, on s’est arrêtés 30 min lors de certaines scènes, parce qu’on était pas satisfaits de ce qu’on essayait de faire. »

Fabrice Gobert, le créateur de la série :

« On se disait que l’avenir se jouait là, au niveau crédibilité. Il y avait la question récurrente du genre fantastique. On a pris beaucoup de temps à l’écrire, la tourner. Dans chaque série, il y a une scène majeure qui fait que les gens suivent la série, donc il y a des scènes plus importantes que d’autres qu’il faut chercher. On a donc beaucoup cherché. »

Frédéric Pierrot, interprète de Jérôme, le père :

« L’acceptation de ne pas comprendre est déterminante. Il faut longtemps pour faire un deuil, on rejoint très vite des questions philosophiques. Est-ce que quelqu’un qui revient, c’est acceptable tout de suite ? Il faut juste accepter et essayer de continuer à vivre. »

LE GENRE FANTASTIQUE

Véra Peltekian, pour Canal +:

« On voulait une série universelle mais il fallait faire partager nos convictions donc on a essayé en premier lieu d’avoir une communication fidèle à la série. On était aussi persuadés du casting. Mais on s’est effectivement posés des question sur le genre fantastique, très rare en France. La réduction narrative nous a permis d’être très universels, de dépasser les codes du genre, limite soapesque (on aborde la vie, la famille…). Le paradoxe de ce genre fantastique est qu’il nous permettait d’être dans la vie, la ville donc des thèmes universels… L’audience le prouve d’ailleurs. »

Caroline Benjo, pour Haut et Court :

« Il y a une mise en abyme du genre. Cette réflexion sur nos années de pratique du genre s’est imposée dans le processus de fabrication. Dans les séries de zombie, on ne prononce jamais le mot « zombies ». Mais ici, ils ont tous vu des films de zombie dans la série donc on leur fait dire. C’est spécifiquement français car il y a une vraie prise de conscience du genre. »

Jimmy Desmarais de Haut et Court :

« On a arrêté de se prendre la tête avec le comment et pourquoi ils reviennent. On a assumé donc le réalisme du genre et tension. Que faire quand on est confronté à quelque chose qu’on ne comprend pas et qu’on ne comprendra pas ? »

Fabien Ada, co-auteur de la série :

« J’ai eu la chance d’arriver quand les 3 premiers ont été écrits. Mes références étaient sensiblement différentes de celles de Fabrice. Ils avaient déjà crée un univers donc moi, je suis arrivé avec les connaissances du genre que j’avais tout en les tordant pour que ça rentre dans le moule. Il fallait que je trouve la thématique qui m’inspirait tout en suivant ce qui avait déjà été inventé, avec mes références et la manière de Fabrice. »

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« Le film Morse était une référence car il n’est pas américain. C’est quelque chose d’hyper réaliste et complètement fantasmé. Il était donc indispensable que la façon de filmer les décors et les personnages fasse ressurgir le fantastique. »

Extraits de Julie et de sa première rencontre avec Victor

L’IDENTITÉ VISUELLE

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« J’ai demandé au chef opérateur de s’inspirer de Grégory Crewdson, un photographe qui transcende les banlieues par la lumière. J’ai eu une bonne dose d’inspiration Shining que je constate maintenant que je revois la scène. Comme dit Fabrice, on tord des références qu’on connaît tous. Pour Victor (qui est en vrai très normal !), il suffit de le laisser mutique et de le filmer étrangement pour le rendre maléfique alors que pour Julie, c’est juste un petit garçon perdu. La musique de Mogwaï rend très bien, on est pas dans le spectaculaire mais au final, contrairement aux US où c’est très souvent elliptique, on fait tout en temps réel, on assombrit et on cache des choses. »

Véra Peltekian pour Canal +:

« En général, l’obscurité à l’écran n’est pas aimé par les diffuseurs. Mais la série n’étant pas totalement sombre dans sa globalité et on a jugé que le dosage des questions qu’on se pose quand on regarde la série avec l’obscurité n’est pas désagréable. Le plaisir qu’on prend compense, c’est très propre à la série. »

Caroline Benjo pour Haut et Court :

« On choisit un état de « sidération », le « slow-tv » contrairement aux US. Le dosage est compliqué mais on y a été très attentifs. »

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« J’ai plus travaillé pour la TV que le cinéma finalement donc je suis beaucoup plus expérimenté pour voir comment tout fonctionne. Le manque de temps en TV implique d’avoir des priorités, c’est une bonne école pour essayer d’aller vite, ce qui rassurait Haut et Court. »

Caroline Benjo, pour Haut et Court :

« Ce fut un gros soulagement de se dire que c’était un réalisateur formidable, pour Simon Werner et surtout pour avoir fait beaucoup de télévision. »

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« Du coup, j’ai pu faire des choix, comme des jours où on tourne peu parce que le plan est compliqué tandis que d’autres étaient composés de plans plus simples. »

Extraits du papillon (2ème scène de la série)

LES EFFETS SPÉCIAUX

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« On s’est vus très en amont car c’est une scène très importante de la série, mais je ne savais pas comment faire. »

Sébastien Rame, pour les effets spéciaux :

« Je n’avais pas trop de temps avant de la faire mais l’univers de Fabrice était très fin et précis. On sait très rapidement quelle sera l’ambiance et j’ai eu le luxe énorme d’être là pendant les moments clés du tournage et d’y participer. »

Fabrice Gobert, le créateur de la série :

« Le papillon qui sort de son cadre est une belle idée mais je pensais que ça risquait d’être grotesque et non pas beau et symbolique comme on peut le voir. Dans Les Revenants, on a pas besoin d ‘avoir des effets spectaculaires. Pourtant, il y en a pas mal qui ne se voient pas forcément mais qui servent vraiment l’image (eau qui baisse, village). Autant sur le papier, c’est facile, autant c’est dur à raconter à l’image. »

Sébastien Rame pour les effets spéciaux :

« On a utilisé de la 3D pour le papillon. Pour le barrage, ce sont des éléments d’eau rajoutés et pour le bus, c’est de la 3D aussi. »

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« On a beaucoup storyboardé, on a imaginé ce que ça représentait de jeter un vrai bus dans le vide, on a vu des animaliers qui nous garantissaient le dressage du papillon mais c’était trop compliqué. »

Sébastien Rame, pour les effets spéciaux :

« Pour le papillon, j’étais sur le tournage. Fabrice met Mogwaï à fond et donne un rythme et une ambiance sur le tournage et pour quelqu’un qui travaille dans le virtuel comme moi, c’était important. »

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« On a proposé à Mogwaï de bosser en leur filant le scénario et l’ambiance. Ils n’ont vu aucune image et ont composé les thèmes sur la base du scénario, d’où l’imprégnation pendant le tournage. Plusieurs musiques sont restées les mêmes sur le tournage et sur le montage définitif. »

Pour info, le tournage et la post-production se sont faits en très peu de temps, de Mars à Novembre puis les auteurs se sont lancés directement sur la saison 2.

Extraits dans le diner avec Simon

RÉFÉRENCE US/ TWIN PEAKS

Fabrice Gobert, le créateur de la série :

« C’est un vrai diner à Annecy. On ne pouvait pas faire abstraction des Etats-Unis alors que c’est un thème souvent abordé là-bas. Tous les décors ont été chopés dans la banlieue d’Annecy avec pour consigne de franciser au possible, tout en entretenant le fantasme US. Simon est aussi perplexe que nous quand on voit le diner par exemple. En revanche, le Lake Pub s’appelait dans le scénario La Licorne. On a gardé le nom finalement car ça coûtait trop cher de changer l’enseigne. On ne voulait pas refaire Twin Peaks car c’est une série indépassable et surtout ce n’est pas la direction de notre série. Mais ça nous a tellement marqué qu’on a pu s’empêcher d’y faire des références. »

Jimmy Desmarais, pour Haut et Court :

« Ce qui est drôle c’est que pour les deux lieux, il y avait peu de possibilité de cadrage. Ils étaient coincés entre une galerie marchande et un Décathlon.»

Caroline Benjo :

« Pendant le tournage, il y avait des voyages presse organisés et on était inquiets justement à ce sujet car les lieux autour des décors étaient atroces ! »

Véra Peltekian pour Canal +:

« La scène est très bien, elle a de l’humour. Certes, il y a des références américaines mais la série est éminemment française avec son identité propre. La référence est donc plutôt comique et Fabrice a très bien éludé la question avec cette scène. Les Revenants, c’est une fierté d’avoir mis un pied dans un territoire inconnu. C’est un format de 52 mn qui ressemble à du vrai 52 mn et à une vraie série. »

Extraits du tunnel avec Julie, Sandrine et Victor en voiture

LA FIN DE LA SÉRIE

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« Il y a eu un gros travail sur l’expression puisque c’est eux qui nous font aller vers le fantastique, il n’y a pas d’effets spéciaux. Les comédiens sont talentueux, ce sont eux tout du long qui basculent vers un territoire dont ils n’ont pas l’habitude. La fin a laissé un peu perplexe mais il y a l’idée d’échapper à la réalité et d’aller de plus en plus loin dans le fantastique et le drame et qu’ils devaient continuer à prendre des décisions. »

Frédéric Pierrot, interprète de Jérôme, le père de Camille :

« Ca ne me concerne pas, j’aime ancrer mon travail dans l’ordinaire. On ne fait de l’extraordinaire qu’avec de l’ordinaire. Je n’étais pas ravi qu’ils mettent des cicatrices sur les revenants car je préfère un rapport concret, ce qui a rendu la fin de l’épisode 8 compliquée. »

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« Toutes ces choses ont été prises en compte très très tôt et devaient être développées. La balance fantastique/réalisme fait le sel de la série mais le curseur devait aller vers des choses étranges et vertigineuses pour les personnages, pour voir à quel point ils essayent toujours de rationnaliser ou s’accommoder avec la nouvelle réalité (la horde qui entoure La Main tendue). On est, comme pour les films de Carpenter, avec des gens qui doivent prendre des décisions rapides face au fantastique. La S2 va creuser ce sillon. Je comprends l’impression qui dit qu’on va très loin dans cette direction mais la S2 ne sera pas The Walking Dead, ce n’est pas son essence. On sera toujours sur les mêmes problématiques : comment on se coltine des gens morts qui reviennent, comment on gère les miracles, l’irréel et l’impossible ? J’ai démarré l’écriture tardivement, attendre deux ans évidemment c’est scandaleux en tant que spectateur mais Canal+ avait dit 3 mois avant la diffusion qu’ils aimerait continuer. Évidemment, si il n’y avait pas eu de suite, la fin aurait été différente. »

Véra Peltekian pour Canal + :

« Je suis dans une position de téléspectatrice et l’attente m’est douloureuse aussi donc c’est un facteur à prendre en compte qui est quasiment intégré à l’écriture. On est dans l’impatience, de savoir ce qui se passe l’an prochain, donc on devra vraiment aller chercher les gens pour la proposition fidèle mais nouvelle que représente la saison 2. Dès l’écriture, C+ s’engage avant pour une éventuelle continuation car c’est moins coûteux qu’un tournage. Malheureusement, les forces vives sont accaparées très vite, il n’y a pas assez de gens qui travaillent dans la série. Tant que ça repose sur aussi peu de monde, il faudra vraiment attendre mais on est conscients de l’enjeu car ce n’est pas jouer le jeu de la série d’avoir autant de délais.»

LES QUESTIONS DU PUBLIC

Suite à cela, les questions du public ont fusé mais Fabrice Gobert a très souvent botté en touche.

  • Question du public : Reprend-on directement après la S1 ? Si oui, Victor aura-t-il grandi ?

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« La question a été prise en compte dans l’écriture mais comme on ne sait pas à quoi il ressemblera au moment du tournage, on ne peut pas trop s’avancer. Mais on refuse de faire croire autre chose que quelque chose de crédible. Exemple, lors de l’écriture, je pensais avoir de la neige tout le temps mais c’était impossible avec les 6 mois de tournage donc on a dû s’adapter. »

  • Va-t-on retrouver certains personnages comme Tony et Serge ? Ou M. Costa ?

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« Je vais surtout rien vous dire ! Je suis ravi d’avoir travaillé avec des comédiens formidables, y compris des rôles secondaires peu développés. On a beaucoup de réservoirs de personnages qui pourront servir et ne pas créer trop de nouveaux personnages. Donc on essaye d’utiliser tout le matériel formidable qu’on a. »

  • Il y a beaucoup de références bibliques, pourquoi ? Est-ce que ça n’a pas effrayé Canal ?

Véra Peltekian pour Canal + :

« On ne s’est pas posés de questions. »

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« La Bible est venue très tôt car ce sont eux qui ont commencé avec la résurrection. C’est intéressant d’avoir des personnages avec un rapport à la religion différent mais je n’ai pas de point de vue sur la question car je trouve ça lourd. »

  • Il y a un goût de trop peu par rapport aux 8 épisodes, ce sera le même format pour la saison 2 ?

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« Le champ des possibles est très ouvert grâce au fantastique. Si on avait plus d’épisodes, on diffuserait plus tard. »

Véra Peltekian pour Canal + :

« Il faut pouvoir assumer et ne pas faire l’épisode de trop donc on s’en tient à 8 épisodes. »

  • En tant qu’auteur, est-ce que vous pensez à la théorie des cordes (monde parallèles) ?

Fabien Ada, co-auteur pour la série :

« Non pas vraiment pour la théorie. On a bien pensé au saut dans le temps mais bon… On s’accroche au réalisme. Concrètement qu’est-ce qu’il se passe ? »

  • Il y a quand même un gros rapport avec la fin de Lost et celle des Revenants. Est-ce que la liberté artistique est une condition de gage de qualité ?

Caroline Benjo, pour Haut et Court :

« On a eu une totale liberté avec Canal+ à l’intérieur d’autres contraintes (8 épisodes, le genre…). Les discours étaient constamment critiques et constructifs. »

  • Comment aviez-vous procédé pour faire votre choix pour le casting ?

Fabrice Gobert, créateur de la série :

« Ça dépend des personnages, on a réfléchi assez tôt surtout pour les jumelles qui n’ont pas le même âge. Gadebois est venu très en amont mais il y a avait une volonté de ne pas avoir de stars et la directrice de casting a fait du bon boulot. On avait les mêmes références. Je suis plutôt étonné que ce soit les comédiens qui aient accepté !  »

Frédéric Pierrot, interprète de Jérôme, le père de Camille :

« On lit rarement des choses supers tout de suite et parfois, on fait contre mauvais fortune bon coeur. Là, il y avait tout de suite une qualité d’écriture avec une économie de mots, des situations fortes et suspendues qui ont séduit tout le monde. Les comédiens ont la trouille des séries car c’est 5-6 mois de travail, plus si il y a une saison 2 mais c’est aussi une possibilité plus forte d’approfondir les personnages. On a eu confiance et envie de participer à cette proposition innovante alors qu’on avait lu que 4 épisodes. »

Véra Peltekian pour Canal + :

« Les contraintes étaient suffisamment fortes pour ne pas s’en donner d’autres. »

Et moi dans tout ça ?

 Je vous épargne l’étalage, si vous en êtes là, c’est que vous avez déjà bien tout lu. C’est une des meilleures tables rondes que j’ai faite cette année même si elle n’est pas exempte de défauts. Tout le monde a joué le jeu et l’équipe a su utiliser à bon escient l’heure et demie pour expliquer la génèse du projet et les partis pris artistiques et narratifs. Merci aussi à eux d’avoir expliqué cette fin controversée (les réponses données ne me rassurent pas, ceci dit) et le délai de deux ans entre la saison 1 et la saison 2, même si les explications données sont tirées par les cheveux à mon humble avis (soi-disant qu’on a pas assez de scénaristes pour les séries). Dommage que les questions du public concernant la saison 2 soient restés sans réponse, je ne les trouvais pas si révélatrices personnellement… Toujours dans la catégorie des mauvais points, l’apologie de Canal était un chouilla déplacé mais pas surprenant (si vous avez vu le docu d’OCS, Showrunners, c’est pareil avec HBO).

 

LL

onfaitlebilan.fr

Publicités